Publié le 29/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Ben vi, ça fait bizarre quand même...
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Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Tout ça se termine, on entre dans les journées de transit. Du mal à croire que je vais bientôt remettre le pied en France, depuis un an que j'en suis partie. En même temps, ça me paraît hier… C'est assez confus et mêlé d'excitation! Mais il ya des petits signes; mon appareil tombe a l'eau turquoise (quelle belle mort cela dit!), mes carnets se terminent, cette derniere ville a un gout d'Inde et de Corse (mes vacances de l'anne derniere)...
En attendant, voici un extrait de mail à une amie qui résume un tant soit peu l'expérience…
"Le voyage te fera sûrement du bien si cela se passe à l'aune de ce que j'ai vécu, que dis-je, à l'aune de ce que j'ai savouré avec mille papilles que je n'osais espérer ouvertes. À toi effectivement d'y trouver ton humanité, qui sait une voie. Si ce n'est un sens, du moins une appréciation du moment présent. Chacun sent où il doit, où il peut partir. Pas la peine de partir à Tombouctou si tu ne le sens pas, ce n'est pas du courage, c'est savoir se sentir soi (ouh! Je me suis pas lavée d'ailleurs!). Cette année a été riche mon dieu riche, de tellement de tout et de rien, de choses et non-choses, je crois que je n'arriverais même pas à faire un retour réflexif. Du présent, de la joie, des ras-le-bol, des aventures, de l'excitation, de l'ennui, des imprévus, des montagnes, des rhinos, des manifs, de la joie… De la joie… Je ne sais encore, des rencontres, des sourires, des vaches, de la bouffe, de la marche, des amis oui, des mails, le blog… Je ne saurais l'ordonner, je ne veux ni ne peux, c'est comme ça que je peux te le raconter, en un déballage fou qui m'a emmené dans son tourbillon de vie. Je ne m'en sens pas fière particulièrement, je n'ai pas "fait" l'Asie ou l'Afrique. Léa qui me raconte sa fac en Espagne a eu une putain d'expérience que je me délecte d'entendre et de m'en esclaffer. Chacun son truc. Je serais aussi heureuse de rentrer, voir mes parents et même retourner à sciences-po. Voyager encore un an m'irait sans doute aussi, c'est tout en rebonds et profit sans questions. Du moins j'apprends. Je ne regrette rien, je vis. Si je suis bien ou moins bien, j'essaie de l'accepter. Avec Lucie, j'ai aussi plus appris à partager avec les autres, des chants, du maquillage, un langage, un jeu de mains. Et surtout, j'ai beaucoup aimé rester dans ces villages isolés du monde et plongés dans la nature, sans facilités sauf celles du cœur. Pas d'amour de mec, non ou si peu, que du volatile dont j'avais peur qu'il m'emprisonne. Non, de l'air! De la liberté! Je me sentais bien à décider d'un jour à l'autre dans quel pays, quel mois j'irais passer… Changer d'avis, changer d'amis, garder contact, sourire…" ;-)
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Matemwe, après une heure de dala-dala aux airs de mosquée… Des flots de cocotiers se balançant au rythme d'une eau turquoise à 27°C sur le sable blanc… Blanc, blanc comme de la farine ou du sucre du nord… Miam, la bonne pâte à crumble. Par contre tout est hors de prix, donc on s'infiltre dans le village proche fait de coraux et de chansons résonnantes pour grignoter fruits et pains. Ils sont pauvres et voient affluer des touristes richissimes, aussi le contact n'est pas facile dès le premier coup. Mais de belles rencontres viendront vite, et les bonjour deviennent chaleureux!
Au petit matin, le départ de la pêche est un spectacle des plus magiques sur fond de soleil levant et silhouettes de boutres lents. Les pêcheurs maculés de sable jouent, portent les outils, plaisantent, font la course.
Ensuite on va sur la barrière de corail, marchant avec l'eau jusqu'aux hanches entre les oursins à piques gigantesques… On observe des étoiles de mer étranges et poilues, des sangsues énormes et pustuleuses se glisser entre les rochers, des centaines d'oursins, des coraux qui étendent leurs doigts oranges pour cacher des petits poissons colorés… À y regarder de près, c'est tout plein de petites tentacules étranges! On voit tout plein de ces gros coquillages où naît la petite sirène! Un pêcheur à harpon ramène de gros calamars et poissons. Le rêve… Notre compagnon va acheter le poulpe frais (juste débarqué, frappé et roulé dans le sable par les pêcheurs arrivant) que prépare sa mère… mmh…
Le summum, c'est quand même le lendemain; la plongée au large d'un atoll paradisiaque. Après une heure de boutre traditionnel sur une eau claire et couleur d'émeraude, plouf, nous voilà dans le monde de Nemo… Des coraux bleus, verts, roses, jaunes où se cachent toute une myriade de poissons colorés. Gros et bleus ciel, striés de jaune et de blanc, oranges et d'or, gracieux ou fusées… Tout un monde aquatique mouvant, se chassant, miroitant dans ces forêts sous-marines. Un rêve!
Et puis, on a eu un bon prix car on se fait remarquer à manger dans les boui-boui et puis… Deux blanches seules paraissant d'âge mûr, ça attire des mecs en r…t qui pensent avoir une chance en payant des repas! Ca me rappelle l'Inde! "Oui, tu sais, le black il est beaucoup plus fort que le blanc, et puis ton copain il est loin" etc. Au final, ça fait des repas payés et un rembarrage gratuit!
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Zanzibar, île de légende, île d'épices et d'esclaves, de clous de girofle et d'ivoire… Île aux sultans et minarets chanteurs, explorateurs fous et riches marchands, reines conspiratrices et colons amoureux… Nous voilà débarqués sur l'île des imaginaires, la terre lointaine des écrivains et des poètes qui n'y sont jamais venus.
Depuis un bateau chaotique où en s'entasse sur le pont, le plus lent et le moins cher, le monde change déjà. Les hommes ont une toque brodée, les femmes sont voilées, on dort… Tout d'un coup, tous s'élèvent sur le mouvement et le cri d'un jeune homme; une baleine! Elle est là au loin, qui se donne en spectacle, elle fait danser ses grandes nageoires hors de l'eau, se soulève, saute! Quelques secondes elle disparaît, et alors que les gens se rassoient, elle saute encore!
Bienvenue à Zanzibar…
Stonetown, ville imprégnée d'histoire dans ses ruelles étroites et ses portes sculptées, dévoile à moitié des mystères entre ses voûtes musulmanes… Dans cette sorte de Varanasi arabo-africain, les petites échoppes se mêlent aux ruines et aux maisons anciennes, balcons comme brodés et motards en jellabah. On monte dans un beau bâtiment ancien qui abrite une école de musique. Grimpant sur la terrasse bleue et blanche, on admire les boutres à voile penchée sur la mer sur fond de notes échappées dans le vent… Sort alors Ali, jeune étudiant en violon, qui nous invite à écouter deux-trois de ses morceaux et même à me donner une première initiation!!! Il me fait tenir l'instrument, alors que je transpire à grosses gouttes sous la chaleur, mais je me concentre pour jouer toute la gamme… Il est trop gentil! (contrairement à un autre relou qui, après quelques dizaines de minutes à nous coller, déclare vouloir passer sa vie avec Léa!) On se donne rendez-vous dans cette école magique pour dans trois jours, après un village sur une plage paradisiaque…
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
apres le lion, fallait bien ke je me mette qqchose sous la dent
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
stonetown, douce capitale poissoneuse, devrais-je preciser...
Publié le 18/08/2008 à 12:00 par tanzamada
stonetown, douce capitale...
Publié le 11/08/2008 à 12:00 par tanzamada
Hello tout le monde!!!
Encore un week-end passionnant où on perd toute notion du temps, de lieu, de tout…
(ca compense la semaine, on fait des articles interessants mais le quotidien d'une ville ou on peut pas sortir apres 18h... !)
Nous sommes parties dans le désert, le vrai, une sorte d'Arizona de rêve… Des nuages de poussière traversaient les routes comme des fantômes, quelques tornades passagères formaient des cheminées jaunes au loin, entre les arbres décharnées de la savane, et un flou continuel de sable s'infiltrait dans les yeux… Le canyon de la rift valley dans le fond n'en semblait que plus onirique.
Souvent, on croisait des troupeaux de Masaïs conduits par de jeunes garçons en tissu rouge, chèvres et vaches nous barrant le chemin ou courant à côté. Parfois, on apercevait des familles d'animaux ; gazelles, girafes, autruches, zèbres galopant… La jeep s'embarque alors à travers champ, et on brinqueballe sur la steppe déssechée à la poursuite des girafes!!! On s'arrête, admire…. Et, au milieu de nulle part, un gamin Masai arrive en courant. Mais d'où vient-il?? Il coure pieds nus dans cette steppe épineuse, les jambes blanches de poussière, le visage ruisselant. Il veut de l'eau.
Puis, la tente militaire à côté d'une rivière pleine de babillements d'oiseaux qu'on remontera en traversant à mi-cuisses, escaladant les roches et arrivant à un oasis magnifique… La cascade tombe sur le dos comme un massage, on peut avancer vers des sources chaudes et en levant le regard, on aperçoit les palmiers…
Le soir, on nous raconte les histoires… Le parc du Ngorongoro n'est pas loin, aussi y a-t-il souvent des babouins ou des hyènes venant rôder près des déchets de nourriture. Il y a aussi un léopard dans les environs, qui ne s'attaque qu'aux enfants et aux chèvres, taille idéale pour les emporter dans les arbres… Il y aurait même un lion dans les environs, près de la montagne sacrée d'Odonyo Lengai.
Ca tombe bien, on y va le lendemain!! Dans notre jeep ouverte, nous voilà encerclant ce volcan actif (en éruption deux mois plus tôt) toujours fumant, traversant les coulées de lave asséchée comme des torrents gris. Nous nous arrêtons près du lac Natron, de lueurs rouges et oranges à cause du soufre déversé par le volcan. Les flamants roses y trouvent leur compte de micro-bactéries et poissons qui s'y adaptent, et ils forment un collier de perles roses et blanches se reflétant dans l'eau peu profonde… Au loin, les montagnes du Kenya semblent évanescentes dans la brume…
Au retour, on chahute avec les enfants Masaïs des environs. Une fois qu'on leur a fait comprendre qu'on ne voulait rien acheter (les enfants sont plus malléables), nous voilà à chanter le Masaï, danser la salsa, essayer les bijoux des uns des autres, apprendre à compter dans les langues respectives, visiter les intérieurs des maisons et poser des questions… Il faut en poser, des questions, car toutes ces traditions sont bien étranges! La discussion va dans les deux sens, et ils nous laissent ainsi prendre autant de photos qu'on veut… sans payer (rare pour un Masaï).
Au final, une super expérience, une des plus belles, il le faut bien car ce sont nos derniers jours à Arusha, on part mercredi pour l'île aux épices…
Publié le 11/08/2008 à 12:00 par tanzamada